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Route du Rhum : tous avec Pierre-Louis Attwell !

Retrospective de la première course en solitaire de Pierre-Louis Attwell à bord de Vogue avec un Crohn, qui a traversé l’atlantique sur la Route du Rhum qui relie Saint Malo à la Guadeloupe.

Avec toujours en tête : être le porte parole des patients atteints de la maladie de Crohn et prouver que même malade, tout est toujours possible.

Ce lundi 28 novembre, à 14h25mn36sec locale (à 19h25mn36sec, heure de Paris), Pierre-Louis Attwell a franchi en 27è position la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre de la douzième édition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe.

Son temps de course est de 19 jours 05 heures 10 minutes 36 secondes.

Le skipper de Vogue avec un Crohn a effectué les 3 542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre à la vitesse de 7,68 nœuds sur l’orthodromie (route directe).

Il a en réalité parcouru 4406,66 milles à la vitesse moyenne de 9,56 nœuds.

Il est arrivé à Pointe-à-Pitre 5 jours 02 heures 01 minute 56 secondes après le vainqueur en Class40, Yoann Richomme.

 

Lundi 28 novembre

La réaction de Pierre-Louis à son arrivée :
« Je suis très heureux. C’est une course que je prépare depuis longtemps après quatre saisons en Class40. La Route du Rhum, cela fait quelques années que je vois ça comme un objectif à long terme, et c’est un peu comme dans Les Bronzés, je me dis _« j’y vais mais j’ai peur ! » _Je ne savais pas trop comment j’avais me sentir tout seul à bord, parce que jusqu’ici j’ai plutôt couru en double. Mais quelle aventure incroyable ! Même si elle n’a pas très bien commencé pour moi au départ, parce que j’ai eu une collision avec Baptiste Hulin, ce qui m’a valu un arrêt à Camaret pour réparer des gros dégâts, comme une voie d’eau et un bout-décors cassé. Mais j’ai eu la chance de réussir à réparer rapidement et à repartir en course. Mon objectif, c’était alors de récupérer une partie de la flotte. C’est fou les émotions qu’on vit à bord de nos bateaux. On passe du rire aux larmes. Un matin, on profite du bateau qui file avec 30 nœuds de vent et le pilote automatique qui gère parfaitement les vagues, et deux heures après, c’est une panne !
« Une aboutissement, et une étape »
Bien sûr, j’ai été très touché par la disparition d’Alex Picot que j’avais rencontré sur la Solitaire du Figaro quand j’ai commencé la course au large et qui m’avait vraiment accueilli et pris sous son aile. Cela reste un moment super dur de ma course. Et par moment, j’ai aussi souffert de la longueur de l’épreuve aussi, quand j’étais un peu dans le deuxième peloton. J’ai eu un peu de mal à trouver la motivation. C’était un peu les petits chevaux tous alignés, avec peu de perspective sportive. Et finalement, ça se termine super bien avec un beau match qui me permet de reprendre trois places sur les dernières 24 heures. Je me suis vraiment fait mal. L’objectif, c’était de faire un milieu de tableau. 27e, on y est pile, et cela fait très plaisir. Cette Route du Rhum, c’est un aboutissement ; et finalement, ce n’est qu’une étape. J’ai envie de profiter de la Guadeloupe, mais de rapidement me remettre à construire la suite. Elle va commencer très vite, avec un nouveau projet, et la construction à partir de janvier d’un nouveau bateau pour participer à tout le programme que nous offre la Class40 : du double, de l’équipage, du solitaire, du grand large, de la régate côtière…
**
« Cette course, c’est une aventure de malade ! »
Et à chaque fois, on continuera de porter les valeurs solidaires du projet. Vogue avec un Crohn, c’est aussi une histoire de malades. Quand le bateau filait sous spi, je me disais, cette course, c’est vraiment une aventure de malade ! Je suis moi-même atteint de cette maladie. Et les périodes qu’on traverse en tant que patient et skipper sont semblables. Parfois, on est dans le dur, c’est long et les proches ont beau soutenir comme ils peuvent, ils ne peuvent pas se mettre à notre place. Par moment, je me suis retrouvé en tant que patient. Le message du projet, c’est que même malade tout est possible, même se dépasser pour vivre ses rêves. Sur cette Route du Rhum, j’ai retrouvé des sentiments, des vécus semblables, cela ne fait que donner plus de sens à notre aventure. »

Lundi 29 novembre

L’incroyable traversée de Vogue avec un Crohn !

C’était le défi de Pierre-Louis, être le premier patient atteint de la Maladie de Crohn à traverser l’Atlantique en solitaire, et ça y est, il a enfin bouclé cette incroyable Route du Rhum en 19 jours, 5H ET 10MN 26, en 27ème position.

Une traversée en solitaire mais pas si solitaire que ça. Pierre-Louis nous a tous embarqués dans son aventure : partenaires, famille, amis, patients (beaucoup de patients), médecins, écoles, et j’en passe. Nous avons vécu avec lui son incroyable « Everest » comme il le disait : son superbe départ, la collision, son arrêt à Camaret, les fronts, les SPIS envolés, son « passage à vide » et cette belle remontée pour enfin franchir et clôturer cette Route du Rhum.

Pierre-Louis, tu nous as fait tanguer, voguer pendant ces 19 jours avec tes indéniables talents de narrateur, ton humour, ta modestie et ta sincérité aussi dans la difficulté.

Toi qui rêvait petit devant ces grands noms de la Voile, te voilà à ton tour, celui qui fait rêver de nombreux enfants qui ont suivi ton incroyable aventure.

Tu es notre champion, notre héros des mers… Un exemple de résilience, de courage, de détermination…ne rien lâcher et prouver que « Même Malade, tout est possible ».

Merci à tous pour votre soutien si précieux et indispensable. Le premier défi d’un skipper, est d’être sur la ligne de départ, et sans vous, il n’y aurait pas eu cette aventure qui nous a fait vibrer pendant 19 jours.

A très vite, pour de prochaines nouvelles.

Lundi 28 novembre 

Des nouvelles fraîches de notre marin….

Ci-dessous la vidéo via ce lien CLIQUEZ-ICI

Lundi 28 novembre

Dernière ligne droite pour notre skipper, qui devrait franchir la ligne d’arrivée de Pointe à Pitre d’ici quelques heures (midi/début après-midi, heure locale, donc vers + 5 heures Heure Métropole).
Sophie Faguet nous fait un petit topo (pas si petit que ça d’ailleurs) sur la situation actuelle :
A 9h30 du matin (heure métropole) soit 04h30 en Guadeloupe.
Pierre-Louis contourne actuellement l’île. Il a passé la tête à l’anglais il enroule donc l’extrémité nord-ouest de la Guadeloupe. Son premier poursuivant est à 23NM derrière et avance à peu près à 9 nœuds soit à peu près à 2h d’écart pour le moment.
Ils sont dans un vent d’Est. Pierre-Louis va bientôt aborder la moitié sud de l’île de la Guadeloupe, sous Basse-Terre, où il y a une chaîne de montagnes (entre 800m et 1500m). Ils ont une bouée à venir contourner à Basse-Terre toute proche de la côte donc dans un endroit « déventé » où le vent sera sans doute très faible (à cause de la montagne). Par conséquent cela ralentir très fortement les vitesses de progression des bateaux.
C’est lorsque ces adversaires seront dans cette zone que Pierre-Louis va décider de faire sa pénalité* de 2h (Sophie vous explique le pourquoi du comment de cette pénalité ci-dessous). Afin que leur faibles vitesse de progression ne leur permettent pas de revenir trop proche de notre skipper. Il faut qu’il la fasse également quand lui-même est sûr d’être dans un endroit suffisamment venté pour filer jusqu’à l’arrivée.
Une fois passé la pointe sud, il retrouvera un vent plus fort et plus stable et n’aura plus qu’à filer jusqu’à l’arrivée de sa toute prmeière course transatlantique en solitaire !

Pénalité de 2 heures :
Vous l’aviez suivi en début de course, Pierre-Louis avait subi une collision avec le Class40 de Baptiste Hulin.
La priorité avait été de réparer le bateau afin de pouvoir continuer la course d’où le pitstop à Camaret.

De son côté, Baptiste accusait quelques dommages mais a pu continuer la course malgré tout. Pour des questions d’assurance surtout, il a porté réclamation auprès du jury de la course. Ce jury a décrété :
1) que l’incident avait eu lieu pendant « la nuit » (entre l’heure légale du coucher du soleil et celle du lever » auquel cas les 2 concurrents étaient soumis au RIPAM (Règlement International Pour Prévenir les Abordages en Mer) = règle de circulation.
2) concrètement, Baptiste naviguait devant Pierre-Louis, sur le même bord, sans doute à peu près à la même vitesse
3) suite à un décrochage de son pilote, le bateau de Baptiste a brusquement changé de trajectoire, Baptiste a dû récupérer la barre pour remettre son bateau sur la bonne route, entraînant une perte de vitesse.
4) Pierre-Louis était sous pilote à ce moment-là à l’intérieur du bateau, il a du coup rattrapé Baptiste et lui est rentré dedans.
5) Le RIPAM est clair, si l’un des deux skippers n’est pas en veille, alors il est en faute.
6) Pierre-Louis écope de 2h de pénalité qu’il doit effectuer avant de franchir la ligne d’arrivée.

Il faut savoir que les courses au large en solitaire sont soumises à dérogation car le RIPAM ne permet normalement pas aux navires d’évoluer sur les océans sans une veille 24H/24. En solitaire, les skippers doivent obligatoirement s’octroyer des temps de repos où ils ne sont donc pas en veille.

On profite également de ce message pour vous parler des moyens de communication à bord, nouveau topo de Sophie :

Les moyens de communication :

La règle en monocoque (Imoca, Class40 et Class Rhum Mono) c’est que le skipper peut communiquer avec la terre, pour le plaisir, les proches, les sponsors, l’équipe technique en cas de pépin, la direction de course, mais aucune information échangée ne doit concerner la tactique et la stratégie.

Les moyens de communication sont :
soit la radio VHF couplée à un émetteur/transmetteur AIS (système permettant d’envoyer et de recevoir les positions AIS des bateaux environnants ; moyen de sécurité indispensable mais qui ne suffit pas) qui a une portée très limitée et qui ne permet que la communication en mer de bateaux proches (bateaux de la course, mais aussi pêcheurs, cargo… en cas de croisement potentiellement dangereux)
soit la communication via les satellites (Iridium ou Inmarsat). Elle permet via le téléphone satellite de communiquer essentiellement avec la direction de course.

Via l’ordinateur, elle permet de récupérer les fichiers météo à jour et de travailler les prévisions avec le logiciel de navigation. Cela permet au skipper de lancer des routages et de comparer les différentes sources météo (anglaises, européennes, américaines). En croisant avec les conditions réellement rencontrées, le skipper peut choisir le modèle le plus proche de la réalite et privilégier les prévisions de tel ou tel modèle et donc tel choix stratégique. La difficulté est liée à la fiabilité des fichiers qui au-delà de 3 jours de prévisions se dégradent généralement. Il se lance donc sur une route théorique de fichiers en constante évolution. Si le fichier finit par se planter, le skipper peut s’enfermer dans une option qui sera moins bien qu’une autre finalement après plusieurs jours. D’où l’importance de l’interprétation.

La communication satellite rend aussi possible les échanges par mail, par whatsapp, par d’autres applications. Le bémol, c’est le coût des données. Si certains peuvent envoyer des vidéos, audios et photos et mails tous les jours, ça n’est pas le cas des projets plus petits.
Ici, nous avons eu des liens réguliers avec Pierre-Louis mais il a fallu batailler parfois pour avoir des images.

Voilà, le prochain message devrait, je l’espère de tout coeur, vous annoncer son arrivée !!!!!

 

Samedi 26 novembre

Autrefois, il y avait un slogan qui disait « le bonheur, c’est simple comme un coup de fil », hier pour notre skipper, c’était « le bonheur, c’est simple comme un appel VHF* » (Nous demanderons un petit topo à Sophie sur les moyens de communications sur cette course). Avec son lot d’avaries, Pierre-Louis s’est fait dépassé par Pierre (LEGALLAIS) et Victor (Caisse Réunionnaises Complémentaires), et pourtant….

 

« Bonjour la terre, 🌎

Voici quelques jours que je n’ai pas donné de nouvelles, conséquence d’un petit passage à vide personnel.
En réalité j’ai déchiré mon deuxième, et dernier, grand spi il y a de ça deux nuits. D’une part ce n’est jamais très agréable de casser du matériel et d’autre part cela signifie que ma performance en sera forcément diminuée.

Je navigue donc sous spi médium depuis, mon fidèle spi médium qui ne m’a jamais lâché depuis le départ et dont vous avez déjà entendu parlé plus d’une fois.
Perdre en vitesse ce n’est pas si grave me direz-vous, l’essentiel est d’arriver entier et d’aller au bout de l’aventure.
Seulement j’ai beau essayer de m’en convaincre, j’ai toujours du mal à l’accepter. Je vois mes poursuivants revenir et mes concurrents devant s’envoler.

Pour être honnête, le fait de naviguer de façon « dégradée » m’a aussi confronté d’un seul coup à la longueur de l’épreuve, aux jours qui me séparent encore de l’arrivée et aussi à ma condition de solitaire, seul au milieu de l’atlantique.
Immédiatement les heures sont devenues plus longues, les journées interminables, le moindre effort insurmontable et la moindre contrariété plus difficile à digérer..

Finalement c’est un état qui me rappelle assez facilement celui qu’on est amené à traverser avec la maladie.
Des moments longs et douloureux pendant lesquels, même si on sait que les choses vont finir par s’arranger, on ne souhaite qu’une seule chose, que ça s’arrête.
Des moments où on se sent incompris et où tous les mots de solicitudes des proches, aussi bienveillants soit-ils, ne font ni baisser la douleur, ni passer le temps plus vite.

Et puis dans ces grands moments de solitude, il arrive qu’on croise d’autres patients, des paires d’aventures qui mènent la même bagarre et partagent les mêmes maux.
Cette après-midi, ce n’est pas dans un couloir d’hôpital ou dans une salle d’attente que je les croiserai, mais bien en plein océan atlantique.
Cette fois ce ne sont pas des patients mais deux copains skippers (Pierre et Victor), qui comme moi vivent leur première Route du Rhum avec son lot de déboires et de difficultés.
Un heureux croisement dù au plus grand des hasards mais qui permet d’échanger en VHF (radio), de rigoler quelques minutes, de se donner mutuellement un petit peu de courage pour la fin de course et de se donner rendez-vous à l’arrivée pour fêter ça.

Alors merci les gars, on se voit à l’arrivée !
Et pourquoi pas la prochaine fois dans la salle d’attente !

Pierre-Louis »

Un message de Pierre-Louis qui malgré les difficultés qu’il traverse, est super positif parce que ça y est …il est reparti !!!!

Il est ce matin à la 30ème position (sur 55 au départ), il est passé sous la barre des 500nm à parcourir…l’arrivée est proche !!!!!

Vendredi 25 novembre

Peu de nouvelles du bord du Class40 135 « Vogue avec un Crohn » qui vit des moments difficiles avec la perte de son second Grand Spi, explosé dans un gros grain « Des grains, j’en ramasse… » et qui navigue maintenant avec le Spi medium.

Un autre paramètre, bien connu des skippers dans cette zone de l’océan, c’est l’arrivée des Sargasses, ces algues qui « ne vont pas m’aider à arriver plus vite » écrivait Pierre-Louis.

Avec les grains (ces pluies diluviennes des Antilles, aussi fortes qu’ imprévisibles) et ces fichues sargasses (algues polluant les Océans sur les côtes antillaises, pouvant être un véritable frein aux bateaux voire les stopper complètement selon la densité des algues), c’est un moment difficile à gérer pour Pierre Louis qui sait que cela signifie de la perte de terrain par rapport aux skippers qui sont juste en embuscade à ses côtés. Le moral baisse sans doute au rythme de l’annonce des classements où il doit comprendre qu’ils gagnent du terrain. (Il est en effet passé à la 30ème position).

Chacun est allé ce matin avec son mail pour remonter le moral de notre marin. Alice, Maxime et …Sophie en mission commando « Notre mission, lui faire comprendre qu’il est loin d’être le seul à subir la violence de ces grains. Voir le positif. Avec le petit spi, certes il va naviguer plus haut, mais il ne devrait plus avoir de spi à repêcher (💡bien vu Sophie). Et puis ces galères, les autres skippers en ont leur mot aussi. Car il peut effectivement perdre des places avant le passage de la tête à l’anglais, mais les arrivées d’hier nous ont prouvé que rien n’est joué jusqu’à la ligne d’arrivée.(…) Un mauvais choix stratégique, un arrêt et la meute te contourne allègrement et te chipes une place sûrement acquise. C’est ce qu’il s’est passé hier. Xavier a doublé Luke, puis Antoine. Xavier a été un peu trop au large au sud de l’île, Antoine s’est faufilé dans la brèche en jouant des effets de site et par, il récupère la 5eme place, Xavier la 6eme et Luke, le dindon de la farce se sort 7eme.
Alors il faut rester lucide, à l’attaque, c’est un sprint à la fin d’un marathon »

Pour ma part, je lui ai envoyé ce message que je partage avec vous (moins commando que celui de Sophie 😉)

« Mon Pierre-Louis,
Je lisais il y a quelques jours un message de Ian Lipinski qui comme toi, qui comme tous les autres skippers sur cette Route du Rhum, passait par tous les états à cause des nombreuses avaries, problèmes à solutionner chaque jour de cette longue traversée de l’océan …
Alors qu’il raconte ses déboires, ses rages, ses déceptions sur cette course…il réalise soudain en apprenant la terrible nouvelle qui vous a tous bouleversée en mer, celle du décès de votre Alex, que « Tout devient vite dénué de sens. Les misérables tracas que notre obsession de la course nous fait regarder avec importance deviennent dérisoires, risibles… Tâchons de profiter de la vie, et moi de la chance de traverser l’océan sur un si beau bateau. Qu’importent les détails insignifiants. Vive la vie »

Go mon Pierre-Louis ! La victoire, celle de boucler cette course, est maintenant proche.
Je, Nous (un si grand NOUS parce qu’il y a tant de gens à te suivre à attendre de tes nouvelles) sommes si fiers de toi. Alors Go mon garçon. On ne lâche rien et on continue de se dire « Quelle chance j’ai d’être encore sur cette route du Rhum, même si comme les autres skippers (parce que je peux te dire que les autres ont aussi le gros lots de problèmes) j’en bave et souhaite arriver le plus vite »
Merci de nous envoyer des nouvelles pour transmettre à tous ceux qui attendent chaque jour ton message, et qui te portent haut dans leur cœur ! … »

Pierre-Louis pense maintenant, arriver lundi prochain. Espérons que les grains et les sargasses lui laissent un peu de répit et que les vents le portent rapidement jusqu’à Pointe à Pitre.

Un immense merci pour tous vos messages que je lui ai transmis et qui l’aide à à aller jusqu’au bout et « Vive la vie ». Marie Anne Saloux

 

Vendredi 25 novembre

En attendant de recevoir des nouvelles du bord, nous vous partageons quelques informations concernant l’avitaillement « Eau et Alimentation » à bord de Vogue avec un Crohn pour cette Route du Rhum.

Sur la « to do list » du Team Vogue avec un Crohn, il y a plusieurs dossiers. Le dossier avitaillement est un dossier important qui se prépare scrupuleusement !
Dans un premier temps, on évalue un nombre de jours pour la course et on prévoit 4 repas par jour. Pour cette route du Rhum, Maxime et Pierre-Louis avaient évalué le temps de course entre 17 et 20 jours. Si Pierre-Louis arrive à Pointe à Pitre, comme nous l’espérons dimanche prochain en soirée, il aura passé 19 jours en mer (en tenant compte qu’il a fait une petite pause non programmée d’une douzaine d’heures à Camaret, pour déguster son suprême de Pintade).
L’élément important est bien évidemment l’EAU. f

Pierre-Louis a embarqué 60 litres d’eau répartis dans 6 jerricans de 10 litres. 💡 Des jerricans plutôt que des packs de bouteilles ou des bidons de 5L, car il est important de pouvoir matosser* les quantités d’eau embarquées facilement. (*matosser : placer les poids amovibles du bateau (sacs, sécu, voiles,…) au bon endroit pour équilibrer le bateau et gagner en performance). Avec de l’expérience, les poignées des packs de bouteilles d’eau ou des bidons de 5 litres finissent pas lâcher et deviennent difficiles à bouger. Le jerrican est plus maniable et grâce à une pompe Pierre-Louis remplie régulièrement ses 2 gourdes afin de s’hydrater facilement pendant les courses… Au-delà du côté pratique, c’est aussi moins de plastiques !!! 🌏

La cuisine est constituée d’un seul jetboile (le Jetboil est un équipement 2 en 1 qui allie brûleur et popote et permet de faire chauffer les plats ou de mettre de l’eau en ébullition rapidement) , d’une fourchette et d’un mug. Oui, c’est rudimentaire !
Les repas à bord sont principalement des plats Lyophilisés (procédé de plats séchés à froid qui permet de garder les valeurs nutritionnelles et les qualités organoleptiques des aliments, où il suffit de réhydrater le plat avec de l’eau chaude, mélanger puis à attendre de 5 à 15 minutes), ou des plats Appertisés*. L’appertisation (ou stérilisation ou sous vide) permet de conserver des aliments stérilisés dans des récipients hermétiques. Cette technique détruit germes et microbes en chauffant à haute température les aliments (supérieur à 100 °C). C’est un peu comme les plats en bocaux mais en sachet hermétique.

Sophie (notre navigatrice et commentatrice) précise que « l’opération jetboil n’est pas chose aisée et vous aurez sans doute lu nombre de témoignages de skippers qui n’ont pas réussi à manger chaud pendant les 3-4 premiers jours de course. Cela est dû au moment de stress, d’excitation et d’euphorie du départ où l’appétit est souvent moindre, mais pendant lequel il faut impérativement se forcer à boire et manger. C’est aussi dû aux conditions difficiles des premiers jours : le près dans de la mer formée. Le bateau qui penche constamment et qui tape rend la manipulation de liquide brûlant parfois hasardeuse dans le bateau. C’est pourquoi, les premiers jours c’est important d’emmener quelques salades mixant frais et féculents pour faire vite et efficace. Cela agrémenté de charcuterie et de fruits secs afin d’assurer un apport énergétique minimum.

Puis un jour arrive la dorsale, et les conditions s’apaisent. Et là, oh plaisir ! un peu de pain, des rillettes au coucher de soleil, il ne manque que quelques amis pour un apéritif parfait 🍸. C’est aussi le moment où ressortent les fruits frais. S’il faut vite ingérer les bananes et les pommes, les agrumes tiendront tout le temps de la traversée et quel plaisir de déguster une orange juteuse au beau milieu de l’atlantique entre tous ces plats lyophilisés ou appertisés ! »

Allez, pour compléter ce petit exposé simplifié, on vous donne même la liste des courses embarquées sur Vogue avec un Crohn 🛒:

 Pour le petit déjeuner, 18 Lyoph « Breakfast gourmand »,
 Pour la partie salée : 22 Lyoph salés et 12 Appertisés Salés : un mixte entre Aligot Aveyronnais, Brandade de morue, Pâtes Bolognaises, Poulet Fajitoa et riz, Poulet Kebab et Riz,
 Quelques desserts – 8 Lyophilisés
 Pour compléter, 20 Cup Noodles (il paraît qu’à bord, c’est pratique et que ça serait bon …donc va pour un mixte de Teriyaki et Classic Noodles).
 Les barres céréales sont évidemment en nombres, mais pas trop sucrées.
Pour agrémenter les menus et les plaisirs, tout en gardant en tête le côté pratique à consommer et à conserver :
 Des rillettes de thon (petites conserves), du jambon secs/noix de bœuf, comté en tranches, des pains suédois (qui se conservent bien)
 Des bananes (un peu vertes) et des pommes pour le début de course
 Et des gourmandises pour le plaisir, chocolat noir, du chocolat noisettes et riz soufflé 🍫, et…des bonbons

💡Tous ces aliments ont été retirés du packaging inutile et placés dans des sacs congélations avec ZIP (très pratique pour contenir les aliments sur un bateau) ce qui permet également d’optimiser la place dans les 2 grands sacs « alimentation ».

Nul doute, que comme à chaque course, les plats préférés sont consommés en priorité. Espérons qu’il reste à Pierre-Louis un peu de chocolat pour agrémenter ces derniers jours en mer…⛵⛵

📌Pierre-Louis conserve la place de 29ème au classement des Class40 (sur 55 au départ) et a déjà réalisé 80% du parcours, il lui reste moins de 1.000NM….le but est proche 🙏 !!!!

Mercredi 23 novembre

Voici 13 jours que Pierre-Louis a quitté les pontons de Saint Malo, 13 jours avec des hauts et des bas, 13 jours en solitaire, une première dans la vie de notre jeune skipper. Comme l’écrit ci-dessous Pierre-Louis la vie à bord reste rythmée, pourtant alors que les premiers concurrents de la Class40 s’approchent rapidement de la ligne d’arrivée, la route reste encore longue pour notre marin qui espère arriver d’ici dimanche soir. Cette gestion du temps, de la solitude, bien connue des marins est une étape supplémentaire à gérer dans une course en solitaire.

« Bonjour la terre, 🌏
Un petit peu moins de nouvelles ces derniers temps, et pourtant ne vous laissez pas berner par l’aspect rectiligne et homogène de la trajectoire sur la cartographie, il s’en passe des choses ici !
La dernière fois que je vous écrivais j’étais sous spi médium dans un flux légèrement mollissant. Bien décidé à ne pas me reposer sur mes lauriers et à jouer la bagarre jusqu’au bout, j’ai décidé de repasser sous grand spi. Celui même qui était tombé à l’eau et que j’avais récupéré non sans mal.

Pour être honnête j’ai un petit peu procrastiné sur le dossier « remise au propre » du grand spi qui trainait en boule humide d’eau de mer depuis sa baignade. Je me mets donc au travail : démêler le spi, (on dit ferler dans le jargon), le préparer pour un nouvel envoi, vérifier la chaussette qui permet de l’envoyer et surtout de l’affaler etc.. C’est quelques instants avant de l’envoyer que je tombe sur un trou dans la toile, aïe , je n’avais pas été si délicat en le repêchant. Je sors donc la trousse de voilerie, un petit patch et c’est parti. J’affale le spi médium, je hisse le grand spi, et au moment de le déployer je constate que ce n’est pas un, pas deux, mais trois trous qui laissent apparaître le bleu éclatant du ciel à travers le tissu !
Mince ! Je mets à nouveau la voile sur le pont, rebelote avec la trousse de voilerie, et ce coup-ci ça y est le grand spi vol et tracte le bateau malgré ses quelques balafres pansées avec autant d’amour que d’efficacité.

Dans les régions où nous somme les grains sont nombreux, ce sont des nuages assez bas, souvent pluvieux qui entraînent une augmentation rapide et intense du vent.
La nuit dernière, l’un d’entre eux plus vigoureux que les autres me surprend.
C’est aussi à ce moment que mon pilote automatique qui m’ennuie depuis quelques jours fait encore des siennes ! Vous noterez que les ennuis de spi commencent toujours par des ennuis de pilote automatique.
Bateau couché sur la tranche, rafales intenses et spi qui claque. Il n’en faudra pas plus pour que celui-ci s’ouvre en deux, cette fois pour de bon.

Un petit peu dépité, je récupère ce que je peux du grand spi, fait un petit peu de propre dans les cordages et renvoi à nouveau le spi médium.
Je profiterai de cette pause pour court-circuiter le processeur du pilote automatique, composant qui permet d’améliorer le pilotage mais qui est aussi la cause de mes récents déboires de spi.
–> Voilà donc mes récentes péripéties qui commencent et se terminent avec le spi médium en l’air.

Alors que les premiers Class40 franchiront probablement la ligne d’arrivée dans les prochaines 24h, j’ai la chance de profiter un petit peu plus longtemps de l’Atlantique avec une arrivée probable d’ici 5 jours.
Mais après tout, quand on aime… On ne compte pas !
Pierre-Louis. »

Je pense que Pierre-Louis a besoin de vos encouragements pour finir cette Route du Rhum. En plus de la pêche des poissons volants, un peu de lecture lui fera du bien….. promis, chaque message lui sera transmis.  Merci pour lui !

Mardi 22 novembre

Lundi 21 novembre

Notre skipper continue sa course vers Pointe à Pitre. Les nouvelles de Pierre-Louis ne sont pas très nombreuses et on imagine bien que la vie est bord laisse peu de place à l’inaction. Parmi les nombreuses activités sur cette solitaire, le changement et le réglage des voiles.

Ci-dessous, un petit topo préparé par Sophie Faguet sur les voiles embarquées à bord de Vogue avec un Crohn pour cette Route du Rhum :

« Depuis plusieurs jours, nous vous parlons de gennaker pour contourner la dorsale, de spinnaker dans les alizés, grands, petits, voiles volages qui aiment aller faire un tour dans l’eau dès que le pilote automatique fait des siennes… ou tout simplement parce que les cordages qui les tiennent sur une Transatlantique souffrent énormément parfois jusqu’au point de rupture.
Alors aujourd’hui nous avons souhaité vous éclairer un peu sur le nombre de voiles autorisées à bord et comment les skippers choisissent lesquelles sont les bonnes.
Les contours de la class40 sont définis par une jauge à laquelle doivent se conformer tous les marins avant de pouvoir prendre le départ d’une course. Choix architecturaux, les formes des carènes, la taille du mât et des appendices, le type d’accastillage, le matériel relatif à la sécurité… tout est défini en détail et limité.
Dans la jauge, il y a également le nombre de voiles que les skippers peuvent embarquer pendant les courses. En Class40 la règle, c’est 8 voiles.
Si il y a celles pour lesquelles les skippers ne réfléchissent même pas :
• Grand Voile (il peut en diminuer la surface grâce à 3 niveaux de ris)
• J1 et J2. Ce sont les deux voiles qui permettent de remonter au vent, ce qui les différencie, c’est leur surface. La première peut encaisser jusqu’à une vingtaine de nœud, la seconde plus petite la remplacera si le vent est plus fort
• Le Tourmentin, obligatoire c’est la petite voile de tempête orange fluo. Elle permet d’étaler du très mauvais temps, c’est une voile de secours si les autres cassent, si le bateau démâte… et surtout, sa couleur flashy permet aux sauveteurs de repérer un bateau du ciel si besoin.

Et puis celles où ils peuvent choisir en fonction des vents qu’ils vont rencontrer sur leur route :

• Le gennaker, utilisable entre le vent de travers et le vent portant. Ils peuvent faire le choix d’en emmener deux : un grand et un petit. Ici, Pierre-Louis a choisi d’en amener qu’un seul, le grand, qui est un beau spécimen du genre surnommé « la mule », plus grand que celui de la plupart des copains, c’est l’arme idéale pour traverser les dorsales. Son petit qui doit permettre d’accélérer derrière les fronts rencontrés en début de course, était trop abîmé pour supporter des vents forts et irréguliers.
• Le spinnaker, c’est la voile de portant (vent arrière) ; ici, des alizés (vents océaniques poussant du NE vers le SW). Pierre-Louis pour cette longue glissade jusqu’à l’arc antillais à amené 3 spis à son bord :
• Un spi medium arisable : fait pour le gros temps et les bords serrés, il est plus petit en surface et surtout son grammage (épaisseur de son tissu) plus important. Le ris permet également d’en réduire la surface si jamais il est encore trop grand.
• 2 grands spis. Ici, ils n’ont pas tout à fait les mêmes caractéristiques, mais ils ne sont pas loin d’être interchangeables en cas de pépin. Le danger des alizés, ce sont les grains dans lesquels le vent peut brutalement changer de force. Cela peut entraîner de la casse si ce n’est pas bien anticipé. Sur 9 jours de descente, avec la nuit, la fatigue, les manœuvres, les défaillances électroniques cela peut arriver. C’est pourquoi il est sécurisant d’avoir une « carte chance » à bord du bateau.

Sophie FAGUET

–> Pierre-Louis est actuellement 29ème au Classement et a déjà effectué 63% du parcours.

 

Dimanche 20 novembre

Depuis deux jours la flotte de class40 a fait un bond en avant vers l’arrivée avec des vitesses moyennes de plus de 10nds en 24h (+ de 15nds pour le leader Yoann Richomme) – Les bateaux glissent sur les rails des alizés avec un vent qui va s’intensifier encore en s’approchant de la Guadeloupe. On imagine que tous les cirés ont été remisés et il faut maintenant jongler entre équilibre et vitesse.
Des nouvelles de notre skipper reçu ce jour :

« Bonjour la terre,

Ici ça commence à être chaud, dans tous les sens du terme !

D’abord, et ce n’est pas pour me déplaire, la température est définitivement montée d’un cran.
En revanche la tension elle aussi est montée d’un cran !
Depuis hier l’alizée est assez soutenue avec des vents entre 20 et 25 nds, plus quand nous sommes aux abords d’un grain.
Hier j’ai donc opté pour l’option de la prudence, passer du grand spi au médium. La chaussette est descendue sans trop de problèmes, le spi est sécurisé et je m’en vais donc à l’avant pour l’affaler et le ranger en sécurité.
C’est à ce moment précis que mon pilote automatique à commencer à faire des siennes et a envoyé le bateau au lof (face au vent). Petit coup de stress, je fais la bêtise de foncer à l’arrière pour rétablir la trajectoire plutôt que de finir de ranger intégralement le spi. Le temps que je remette le bateau sur sa route, une partie du spi a accroché dans une vague et un bon tiers du spi s’est retrouvé à la mer.
Une bonne demi-heure de lutte, quelques cris et peut-être même une petite larme plus tard, je suis exténué mais le spi est à bord et intacte. Ouf !
Je sais que j’ai sûrement déjà perdu pas mal de temps sur mes concurrents pendant la bataille (le bateau était arrêté face au vent) mais je m’impose de m’allonger 15 minutes pour récupérer.
Finalement je tiendrais 8 minutes allongé avant de préparer l’envoi du spi medium. Ce coup-ci ça se passe comme dans le bouquin, le bateau va au moins aussi vite mais ça charge moins, deuxième ouf.
Aujourd’hui le vent est encore monté d’un cran, ça envoie fort ! La mer s’est formée sérieusement et je commence à chercher la pédale de frein.
Il faut trouver le bon compromis entre la vitesse, l’effort mis sur le bateau.. et aussi un petit peu celui sur le marin !
Si tout va bien, dans une semaine à cette heure je devrais ne plus être loin du dénouement de cette incroyable Route du Rhum !

Alors on met la gomme pour arriver mais pas trop pour ne pas tout casser.

Bonne journée,
Pierre-Louis »

Ce soir, Vogue avec un Crohn est classé 28ème des Class40. Il a déjà parcouru 2 376 nm (milles nautiques), ce qui représente 59% du parcours.

Vendredi 18 novembre

Bonjour la terre !
Ca y est aujourd’hui c’est le premier jour du reste de ma Transat !
Tôt ce matin, le vent a tourné et j’ai pu hisser le spi. A nous les grandes glissades, les surfs à n’en plus finir, les vents sont enfin portants et devraient le rester jusqu’à la Guadeloupe.

Si cette nouvelle allure de navigation est plus rapide, plus confortable (le bateau est presque à plat), et plus sympa, elle n’en reste pas moins délicate ! Effectivement cette immense surface de toile volage nécessite un petit peu plus d’attention et de réglage que les voiles dites « plates » que nous utilisions jusque maintenant.
Et oui ce serait trop facile si non ! Alors comme le funambule sur son fil, il faut maintenant être attentif aux moindres grains, aux moindres vagues, aux réglages les plus fins qui permettront de lier vitesse et sécurité.
A ce petit jeu, le pilote automatique ne se débrouille pas si mal, surtout en pleine nuit quand on ne peut anticiper la vague.
Les dernières estimations me prédisent une arrivée dans environ 8 jours.
Je ne sais pas encore dire si je trouve ça long, ayant hâte de retrouver la terre ferme, mes proches, les nuits complètes et d’enfin arrêter d’avoir peur de casser ou de faire une erreur.
Ou si au contraire cela me parait court, tant je suis heureux de vivre cette magnifique aventure humaine et sportive, ce rêve de gamin, à bord d’un bateau formidable où le temps et les actes n’appartiennent qu’à moi.
Ce que je peux vous dire en tout cas, c’est que mes concurrents sont toujours là, et que je suis bien déterminé à leur mener la vie dure !
A très bientôt,
Pierre-Louis

Jeudi 17 novembre

Comme vous l’avez peut-être entendu, la Route du Rhum est en deuil, avec ce terrible accident survenu hier lors de l’arrivée du premier Ultim à Pointe à Pitre. Je partage avec vous un message de Pierre-Louis reçu ce midi, et également celui de Sophie Faguet, navigatrice (que vous connaissez bien maintenant) qui nous parle de la course au large, sous un autre angle, celui de la solidarité entre les marins et de leurs émotions….

« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris tôt ce matin la disparition d’Alex Picot.
Quand j’ai commencé la course au large en 2018 et notamment sur la Solitaire du Figaro, Alex nous avait tout de suite accueillis et accompagnés, nous les petits jeunes qui découvrions ce nouvel univers.
Souriant, toujours sympathique et d’une profonde gentillesse, il faisait naturellement le lien entre le monde des coureurs et celui de l’organisation, faisant au mieux avec les contraintes de chacun.
Il y a quelques jours encore sur le village de la Route du Rhum, quand notre équipe a eu besoin d’un service : « Demandes à Alex Picot, tu vas voir c’est le gars pieds nus qui est chauve, il est hyper sympa ! ».
Alors merci Alex, pour tes sourires, tes félicitations dans les meilleurs moments, tes encouragements dans les moments plus difficiles.
Tu vas beaucoup manquer à la grande famille de la course au large, ce ne sera jamais plus pareil sans toi. » Pierre-Louis

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Emotions…

Aujourd’hui, nous avons voulu parler des émotions si fortes qui traversent les marins de course au large.
L’émotion de Charles Caudrelier et de toute son équipe qui après des mois d’optimisation des foils, d’entraînements, d’analyse de données et à force de travail ont réussi le tour de force de faire sauter le record de traversée de cette course mythique. Malgré les conditions délicates du départ qui ont malmené les plus petits bateaux de cette flotte, les Ultims ont survolé ces épreuves et ont maintenu un rythme d’enfer. Avec une magnifique trajectoire, le skipper signe un temps de 6j 19h 47min 25s battant largement le record établi par Francis Joyon il y a 4 ans (pour rappel : 7j 14h 21min 47s).

La tragédie qui frappe de plein fouet. Lors de cette même arrivée, un accident de vedette à passagers a causé la mort de deux personnes. Ces deux personnes, quiconque a participé à une course organisée par la société OC Sport PenDuick, les a croisé. Alex PICOT, chef de projet de la Solitaire du Figaro et de la Route du Rhum entre autres, était connu des marins comme un mec sympathique et ferme, toujours pieds nus, toujours souriant. François NAVEILHAN, nous le connaissions moins, il travaillait un peu moins au contact des coureurs en tant que responsable commercial et partenariats.
Toutes nos pensées vont à leurs proches, leurs familles et leurs collaborateurs au sein de l’équipe OC Sport.

La solidarité entre les skippers qui se déroutent. Nombre d’entre eux se sont retrouvés aux Açores pour analyser et panser le plus rapidement possible les plaies de leurs montures. Si pour certains, le redépart ne sera pas possible, alors ils mettront toute leur énergie à aider ceux qui le peuvent pour vivre cette course coûte que coûte et s’il le faut au travers le projet des autres. C’est ainsi que Brieux Maisonneuve a été secouru par Jean-Pierre Dick, et déposé aux Açores grâce à Adrien Hardy. Qu’Axel Tréhin a pu reprendre la mer après avoir réparé une barre de flèche (structurelle pour le mât), aidé et encouragé par Matthieu Perrault qui lui devra abandonner la course tant les dégâts sur son bateau sont importants…

Et il y en a tant d’autres des émotions, des histoires, autant que de marins finalement. Celles que les marins disent, et celles qu’ils taisent, pour ne montrer aucune faiblesse tant qu’ils n’auront pas passé la ligne d’arrivée.

Au milieu de toutes ces émotions, notre Pierre-Louis poursuit ses efforts. Cette fois-ci, toute la flotte de Class40 quasiment fait route dans la même direction : le Sud Ouest. C’est finalement ici, après le passage des Açores pour les uns et de Madère pour les autres que la grande traversée commence. Cette fois, plus question de s’arrêter ni de faire escale, il faudra traverser coûte que coûte.
Ils ont enfin atteint ces vents tant attendus, ceux qui les poussent, ceux qui aplanissent les vagues, qui vont leur permettre de sortir le gennaker d’abord et les spis ensuite. Au programme du jour, la traversée de la dorsale (poussée anticyclonique caractérisée par une rotation des vents du NW au NE dans laquelle les vents sont souvent faibles et variables). Ou comment tracer le chemin le plus court pour vitre trouver les alizés.

FAGUET Sophie

Mercredi 16 novembre

Voici des nouvelles directement du bateau. Pierre-Louis a effectué une vacation radio avec l’équipe médias de la Route du Rhum (lien audible en CLIQUANT ICI)
Vous trouverez ainsi en pièce jointe la vacation, et pour ceux qui sont encore au bureau et souhaitent l’écouter plus tard, voici un résumé de celle-ci :

« Tout va bien à bord, j’ai de nouveau une bonne météo. Actuellement 15-20-25 nds de vent assez irréguliers. Il commence à faire bon dans le bateau mais il fait aussi bien humide. Je devrais aborder la dorsale dans quelques heures, pour quelque temps de vents faibles.
Le spi devrait sortir à partir du 18 novembre soit dans 2 jours.

Toute la première partie s’est faite au près et ça m’allait bien car j’ai un vieux bateau et qu’il est plus performant quand on navigue vers le vent.
Le premier matin, j’ai percuté Baptiste Hulin, ce qui m’a forcé à marquer une escale technique à Camaret pour réparer le trou que j’avais dans le bateau et quelques autres dégâts. Depuis, j’essaye de combler mon retard.
Vu les dégâts que la flotte a subi lors du premier front, j’ai décidé de jouer la prudence sur les passages des fronts suivants en optant : pour une route un peu plus sud que le paquet de tête et des choix de voiles raisonnables et raisonnés ! J’ai vraiment essayé de préserver le bateau.

Je me rends compte que l’ambiance du bord est très liée à l’état du bateau. J’ai vraiment eu une journée compliquée à bord hier notamment parce que le moteur a pris l’eau, je me voyais déjà faire une autre escale, et puis finalement nous avons trouvé une solution pour réparer avec l’équipe et du coup je suis hyper soulagé et j’ai de nouveau un super moral.

Côté santé, je n’ai vraiment aucun problème lié à ma maladie de Crohn actuellement, par contre je suis parti pas très en forme avec une sorte de bronchite. Les médecins de la course ont été très réactifs, ils m’ont prescrit des antibiotiques et depuis ça va beaucoup mieux. Je peux de nouveau bien dormir, bien manger, je suis bien dans mon bateau. »

Actuellement, Pierre-Louis est classé 32ème et est le plus rapide de son groupe. Ce classement risque de fortement évoluer dans les prochaines heures puisque un groupe de 6 bateaux est en escale sur l’île de San Miguel aux Açores, soit pour réparation soit pour abandon :

Classé 21è : Matthieu Perrault – INTER INVEST (bateau cassé suite à collision)
Classé 20è : Axel Tréhin – PROJECT RESCUE OCEAN (a cassé une barre de flèche du mât, cherche solution pour réparer)
Classé 19è : Emmanuel Leroch – EDENRED (pb structurel et de voiles)
Classé 18è : Andrea Fornaro – INFLUENCE (pb de quille)
Classé 17è : Baptiste Hulin – RENNES/SAINT-MALO/PARENTHESES DE VIE (pb aérien = girouette qui donne les infos vent notamment pour le pilote)
Classé 16è : Jean-Baptiste Daramy – CHOCOLATS PARIES – SCRUB (pb de voiles et de relais satellite)

La course est loin d’être finie, il ne faut rien lâcher !

Mardi 15 novembre

Ce message de Pierre-Louis pour qui les nuits sont loin d’être douces…Un message qui n’est pas forcément mis en forme pour être partagé, mais partagé brut, avec vous.

« Merci pour les petits mots d’encouragements, je suis content d’être encore en course.
Cette nuit a été très dure, une des plus dure depuis le départ, beaucoup de mer, j’ai cru que j’allais tout casser.
Le moteur a pris l’eau. J’ai passé la nuit au téléphone avec Maxime et les mécanos en métropole pour démonter les pièces etc. Finalement c’est reparti.. Ouf, ce coup-ci je m’imaginais finir à Lisbonne à la recherche d’un mécano. La cata au classement et surtout deux jours de mer pour y aller sans énergie, donc sans pilotes, sans ordinateurs etc..
Bref heureusement ce n’est pas le cas !
Si non moi ça va à bord, mise à part que j’ai pas loin d’une emm… (synonyme de problème) par jour mais bon jusqu’ici on trouve des solutions. (…) Ce qui est fou, ce sont les dégâts de structures dus à la mer.. Quand le bateau craque de partout, tu espères ne pas être le prochain…
En principe j’ai passé le gros du temps fort, je devrais avoir quelques jours dans du médium voir du léger, ça ne fera pas mal, ce sera l’occasion de me changer (je suis toujours dans mes fringues du départ…) »
Évidemment, quand on suit la carto, on est loin de s’imaginer tous les déboires auxquels les skippers doivent faire face sur cette Route du Rhum (heureusement d’ailleurs).

Un grand merci à Maxime, son co-skipper (et préparateur pour cette édition), avec un self-contrôle inégalé et une disponibilité sans limite.
Espérons que la météo puisse être un peu plus clémente pour les jours à venir

 

Mardi 15 novembre

Retour sur la course, par Sophie FAGUET :

« Route du Rhum 7ème jour de course
Suite à son escale technique à Camaret, nous vous avions donné des nouvelles du bord encourageantes. Déçu mais pas abattu, notre skipper est heureux de faire toujours partie de cette flotte de Class40 qui en est maintenant à environ un quart du parcours.
Seulement un quart et déjà tellement de dégâts dans la flotte. Si les Ultims filent vers l’arrivée et les Imocas peinent à trouver la porte vers les Alizés qui les amèneront vitesse grand V à la Guadeloupe ; les Class40, plus petits et plus lents, essuient fronts sur fronts.
Les fronts c’est quoi ? Ce sont ces passages de vents forts associés au développement des dépressions. Concrètement, ça signifie beaucoup de vent, de grosses rafales, donc de la mer bien formée et en prime un bon passage pluvieux. Et quand les marins lèvent la tête et regardent avec soulagement leurs mâts toujours en place, derrière, ils écopent d’un ciel de traîne. Plus bleu certes, mais avec une mer démontée puisque derrière le front le vent tourne… Bref, après le programme lavage, c’est l’essorage. Après la crainte que le mât tombe dans une rafale plus forte que les autres, c’est la crainte que la structure du bateau ne lâche.
C’est à ce moment-là qu’intervient le skipper. Il évalue avec ses propres paramètres la situation à venir pour choisir sa propre trajectoire adaptée à ses objectifs, l’état du bateau, du skipper, les milles parcourus dans ces mêmes conditions pour éprouver le duo et les expériences de celui-ci. Et pour les petits nouveaux, pour qui c’est la première transatlantique en solitaire, et bien la raison l’emporte sur la stratégie pure ; sur la « route la plus efficace SI tout va bien ». Notre Pierre-Louis ne fait pas exception à la règle, il a un objectif en tête qui est de finir, et il est hors de question pour lui de s’arrêter de nouveau. Il prendra une route différente, plus décalée au sud, plus prudente pour le moment pour éviter une énième tempête en approche, mais qui sait, si aujourd’hui cela se traduit en perte de distance par rapport aux premiers, peut-être que les choses tourneront en sa faveur dans les jours à venir car en météo, rien n’est figé et il est clair que la situation générale est assez inhabituelle.
En attendant, le revoici au contact d’une partie de la flotte, bien décidé à jouer chaque match dans le match. Bord à bord hier avec Florian Gueguen, il a décidé de reporter un coup vers l’ouest afin sans doute d’aller chercher plus vite la bascule de vent associée au front. Il joue son paquet, son esprit de compétition semble de nouveau bien réveillé !
Vivement la suite »
Sophie FAGUET Comme l’écrivait hier Pierre-Louis, « Qui veut aller loin, ménage sa monture »…

Lundi 14 novembre

Pour ceux qui suivent la cartographie Route du Rhum – Destination Guadeloupe, Vogue avec un Crohn se positionne ce soir à la 36ème place au classement des CLASS40 (sur les 55 que comptait la classe au départ de Saint Malo). Pour ceux qui suivent également l’actualité, cette 12ème édition est pour le moment ponctuée de Flash Infos annonçant l’abandon, le chavirage, le démâtage, la casse, le déroutage de tel ou tel bateau.

Sophie FAGUET (qui a commenté pour rappel le départ de la Route du Rhum sur BFMTV), vous prépare pour demain matin, rien que pour vous 😉, une analyse des choix et options prises par Pierre-Louis pour les jours à venir.

En attendant, vous trouverez ci-après un lien we transfer de quelques visuels pris le jour du départ que vous pouvez bien entendu utiliser en indiquant le crédit photo « Qaptur » –> https://we.tl/t-VDHBbQKRVB

Dimanche 13 novembre

Quand on lisait les actualités « Flash Info » hier soir sur le site de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe (Crosscall – Démâtage, La Boulangère Bio – Démâtage, Solitaires en Peloton/Arsep – Chavirage sans parler du nombre de bateaux à se dérouter), on espérait de tout coeur que Pierre-Louis allait passer ce second front sans avaries majeures.

Visiblement, même si cela ne semble pas avoir été un parcours de plaisance, Vogue avec un Crohn a réussi à passer cet obstacle.

Ci-après, le récit de notre skipper tout juste reçu.

« Hello la terre, 

J’espère que vous avez passé une nuit plus paisible que la mienne ! La passage du front froid s’est révélé très tonique avec des vents à plus de 35 nds et une mer assez dure. 

Dans ces cas-là on fait le dos rond, on met son casque, ses chaussettes étanches et on sert les fes.. les dents ! 

Ça tape fort, des litres d’eau se baladent dans le bateau et on peine à fermer l’œil tant les chocs sont violents. 

On imagine que ça n’a pas été une partie de plaisir pour les petits copains non plus dont certains ont des trajectoires qui laissent imaginer des soucis sérieux à bord. 

Chez Vogue avec un Crohn, pas de gros dégâts, un tuyau de ballast s’est déstraté, alimentant généreusement ma piscine privée qui n’en avait pas besoin. 

Pas mal de ménage ce matin, un petit peu de composite, un café et un petit déjeuner. Le tout au rythme de Pink Floyd et d’Iggy Pop, de quoi attaquer la journée avec le sourire et la satisfaction d’être en course 

Dans la bagarre de cette nuit j’ai réussi à me bloquer le dos, ne facilitant pas mes siestes déjà mouvementées. Le stress et la fatigue vous dites ? Hum possible ! 

Heureusement nos médecins de courses sont aussi réactifs que compétents, quelle que soit l’heure du jour.. ou de la nuit ! 

Pour résumer, tout va bien à bord, surtout que maintenant nous faisons du Sud, ce qui devrait à long terme, améliorer notre condition. 

Bon dimanche ! 

Pierre-Louis » 

 

Samedi 12 novembre

Message de Pierre-Louis : 14h00
« Bonjour la terre,
Moi qui, encore hier, avais un petit peu de mal à me remettre en course et à trouver mon rythme, c’est maintenant chose faite.
Je dirais même que le moral à bord est excellent ! Je trouve mes marques à bord, j’ai aménagé mon petit espace de vie : un coin sieste, veille, à côté du sac de nourriture et avec accès à l’ordinateur.
La parfaite chambre d’ados en somme !
Cette nuit j’ai à nouveau pu enchainer pas mal de siestes ce qui est bien puisque le vent commence à rentrer sérieusement.
Moi qui ne suis pas forcément un adepte de la brise, je me sens plutôt à l’aise pour le moment. Je navigue sous 1 ris GV / trinquette et le bateau fait sa petite vie tranquillement dans les vagues.
Je n’ai pas la chance d’avoir une belle casquette de protection comme certains de mes concurrents donc je reste sagement à l’intérieur parce que dehors ça commence à mouiller sérieusement.
J’essaie de m’occuper au mieux de mon petit bateau qui, je l’estime, a eu sa part de bobo pour une course ! En fin de compte je réalise surtout que tant que le bateau va, ça va aussi pour moi !
En fin de compte je me dis surtout que j’ai de la chance d’être encore en course, alors que certains de mes concurrents n’ont pas cette chance.
PS : Je ne sais pas si la saint Gonzague* existe mais si ce n’est pas le cas ce sera dorénavant le 10 novembre !
Le plus dur est quand même encore devant moi alors je vais me remettre au travail,
Pierre-Louis »

 

Vendredi 11 novembre

Hier soir après une journée quasi sans nouvelles de notre skipper accaparé par les réparations du Class40, à 23h03 l’équipe Vogue avec un Crohn a reçu un message de Pierre-Louis « En course ! ».

Deux petits mots qui ont suscité un grand soulagement et joie pour toute l’équipe.

Ce midi, Pierre-Louis nous envoie son premier message du bord :

« Bonjour la terre,  

Première news du bord pour cette Route du Rhum qui n’a pas tout à fait commencé comme je le souhaitais.  

Après une première nuit engagée dans les cailloux sans trop de sommeil, un stop à Camaret pour réparer en express les dégâts dont certains sérieux, il est enfin venu pour moi le moment de me lancer à l’assaut de l’Atlantique ! Ça y est la Route du Rhum peut vraiment commencer ! 

Me voilà donc au près débridé à la poursuite de mes concurrents. Pour être honnête j’ai encore un petit peu de mal à me remettre dans la course. Je suis reparti épuisé de Camaret et mes premières heures de courses ont été dédiées à remettre le bateau en route et me reposer tout en gardant des vitesses correctes. 

Les conditions de vent sont correctes mais il y a pas mal de mer et le bateau tape beaucoup.  

A défaut d’avoir allumé le jetboile une seule fois depuis le départ, mon escale technique m’a permis de manger chaud, c’est assez surprenant de se retrouver devant un suprême de pintades en pleine Route du Rhum ! 

Nous allons avoir une période d’accalmie avant de rapidement retrouver du vent lors du passage d’un deuxième front. 

Celui-ci devrait être plus actif et donc plus fort mais marquera le début de la descente vers le sud !  

Enfin merci pour tous les mots d’encouragements que j’ai reçu suite à mon avarie. 

Merci aussi à ma super équipe ainsi qu’à Gonzague Chauleur pour m’avoir permis de repartir en mer aussi vite ! 

A bientôt,  

Pierre-Louis »

La route du Rhum est réputée pour être une course difficile, et cette nouvelle édition le prouve encore une fois, avec son lot d’avaries pour un certain nombre de skipper.

Jeudi 10 novembre 21h

Après la collision de ce matin, Pierre-Louis est arrivé ce midi dans le port de Camaret. Il a été rejoint par Gonzague de CG Marine qui a fait le déplacement depuis la Trinité sur Mer pour effectuer les réparations : 2 trous dans la coque, dont un qui a percé la coque + bout-dehors (élément pour gréer voile d’avant) fissuré.

Les conditions sur les pontons n’étaient pas optimales pour un séchage rapide des réparations. Pierre-Louis pense et espère pouvoir repartir dans la nuit.

Après un bon début de course, cette collision a été pour notre skipper une grande déception, mais après l’émotion passée, il se dit que cela aurait pu être pire, et que l’objectif est toujours là : relier Pointe à Pitre !!!

Jeudi 10 novembre

« Au petit matin, alors que la flotte naviguait au près dans du vent forcissant, Pierre-Louis est entré en collision avec un concurrent.
Le bateau a subi des dégâts nécessitant des réparations.
Il fait route vers Camaret où il devrait pouvoir réparer dans la journée pour repartir au plus vite. »

Mercredi 9 novembre 2022

Sophie Faguet, navigatrice professionnelle (et bonne copine de Pierre-Louis), qui commentait cet après-midi le direct du départ de la Route du Rhum sur BFMTV (s’il vous plaît) nous livre son analyse de cette première journée de course.

« C’est à 8h00 que Pierre-Louis et son équipe ont quitté les pontons de Saint-Malo pour prendre le sas, dernier rempart entre lui et le départ du Rhum.
Aussi vite sorti, aussi vite amarré à une bouée devant Dinard pour attendre en sécurité le moment venu et pouvoir commencer à se mettre dans le match.
Dernier briefing météo qui confirme les tendances des deux derniers jours, petite sieste (notre skipper préféré accuse un rhume depuis quelques jours, on lui souhaite que l’adrénaline du départ ainsi que l’air marin viennent à bout de ces aléas de terrien) et il est temps de rejoindre la zone de départ.
En confiance, légèrement stressé (qui ne le serait pas avant de s’élancer pour sa première course transatlantique en solitaire) de ce bon stress qui rend alerte sur la ligne de départ.
Objectif numéro 1: prendre un bon départ ET …en sécurité. L’attente avant le départ est souvent un moment craint par les skippers car la forte concentration de bateaux dans un endroit si restreint est fortement propice aux collisions. Heureusement, les équipes peuvent rester à bord jusque tard, aider à envoyer les bonnes voiles, accompagner le skipper, lui donner une bonne accolade ou une poignée de main pour lui transmettre les encouragements de tous ceux qui soutiennent ce projet derrière un écran, des jumelles, au bureau, dans leur canapé où les fesses congelées sur le Cap Fréhel.
Pierre-Louis est resté lucide sur ce départ. Un groupe de 8 class40 un peu trop fébrile a coupé la ligne de départ et sera sanctionné d’une pénalité qui peut faire très mal : ils devront s’arrêter 4h dans les 48 prochaines heures. Proche de la ligne, notre skipper a su garder de la distance en longeant la ligne, au top il lui a fallu se rapprocher du vent et il s’est retrouvé un peu en retard sur le réglage des voiles. Le vent, perturbé par le paquet de bateaux partis prématurément, a gêné Pierre-Louis pendant un temps, mais une fois la flotte dispersée, il a pu retrouver le maximum de son potentiel.
Maxime, qui est resté à bord jusqu’aux dernière minutes avant le départ nous confiait que l’adrénaline du départ avait un effet positif sur Pierre-Louis, content d’être là tout sourire sur le départ de cet événement mythique, il ne fait aucun doute qu’il prend d’ores et déjà beaucoup de plaisir à bord de son fidèle N°135.
Actuellement le vent est conforme aux prévisions. Les bateaux progressent doucement vers l’ouest en tirant des bords le long de la côte nord bretonne. La mer n’est pas trop agitée, il fait beau. Les premiers choix importants se feront en arrivant à la pointe bretonne et au contournement de la zone de séparation de traffic de Ouessant (zone interdite dans laquelle ils ne peuvent pas pénétrer sous peine d’être pénalisés) –> Aller vers l’ouest droit vers une première dépression assez creuse et active où ils pourront rencontrer des vents jusqu’à 40 nœuds ou bien mettre un peu de sud dans leur trajectoire afin de conserver des conditions maniables. »

Le 31 octobre, à l’issue de la présentation officielle des skippers hier soir, Pierre-Louis était à la Une des actualités sur le site de la Route du Rhum. Lire l’article : Pierre-Louis Attwell, une traversée, un double combat